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Faux fournisseurs, faux clients, voix clonées et identités usurpées : la fraude n’est plus un risque théorique pour les entreprises françaises mais un phénomène de masse. C’est ce que révèle un baromètre publié cette rentrée, réalisé avec l’institut Odoxa auprès de 315 dirigeants et directeurs financiers et de 1 005 Français, interrogés du 22 avril au 4 mai 2026. Le constat central : plus l’entreprise est grosse, plus elle est visée. 85 % des ETI et grandes entreprises ont subi au moins une tentative de fraude au cours des 12 derniers mois, contre 60 % des PME et une entreprise sur 3 tous profils confondus. Et la pression monte : 52 % des ETI et grandes entreprises constatent une hausse des tentatives sur un an.
Le faux fournisseur, roi de l’arnaque
L’écrasante majorité des attaques vient de l’extérieur : 88 % des tentatives relèvent de la fraude externe, opérée par des tiers usurpant une identité, contre 37 % pour la fraude interne. En tête des modes opératoires : la fraude au faux fournisseur — le fameux faux RIB — (42 %), talonnée par la fraude au faux client (41 %), les autres usurpations d’identité, banques ou avocats par exemple (36 %), et la classique fraude au faux président (12 %). Côté interne, le tableau va de l’abus de confiance (15 %) aux détournements de fonds (14 %) et de marchandises (13 %), jusqu’aux fausses notes de frais (10 %).
Le plus inquiétant tient en un chiffre : 40 % des tentatives aboutissent. Et l’addition suit : 85 % des entreprises victimes déclarent un préjudice financier. Dans le détail, les deux tiers des préjudices restent sous les 10 000 €, mais près d’une victime sur 5 dépasse ce seuil, et environ 4 % des cas franchissent les 100 000 € — de quoi mettre en péril la trésorerie d’une structure moyenne.
L’IA, accélérateur d’escroqueries
La professionnalisation des fraudeurs doit beaucoup aux nouvelles technologies. Clonage de voix, hypertrucages vidéo : l’intelligence artificielle rend les attaques plus crédibles et plus rapides, au point que 76 % des dirigeants estiment qu’elle augmente le risque de fraude. Fait notable, les salariés ne partagent pas cette alarme : plus d’un sur 2 juge que l’IA n’accroît pas le risque, et 71 % ne redoutent pas d’être confrontés à une fraude — alors même que 57 % déclarent avoir déjà observé au moins un comportement frauduleux dans leur propre entreprise, de l’usage abusif des ressources (48 %) au contournement des procédures (33 %).
Des défenses très inégales
Face à la menace, la préparation varie du simple au double selon la taille : 92 % des ETI et grandes entreprises se jugent prêtes, contre 76 % des PME et 61 % des TPE — 39 % des très petites entreprises s’estiment incapables de faire face à une fraude. Le seul réflexe majoritaire reste la vérification des coordonnées bancaires (55 %), devant le rappel téléphonique en cas de changement de RIB (41 %) et la double signature des paiements (40 %). Les dispositifs structurés demeurent minoritaires : 36 % de contrôles internes, 30 % de formation des collaborateurs, 23 % d’outils de détection, et 13 % seulement disposent d’un plan d’urgence. 16 % des entreprises n’ont rigoureusement rien mis en place.
L’assurance contre la fraude reste elle aussi marginale : 30 % des entreprises sont couvertes, et à peine 38 % parmi celles ayant déjà subi une tentative — preuve que même l’expérience directe du risque ne déclenche pas toujours le réflexe de protection. « La fraude n’est plus une hypothèse théorique, mais un risque auquel toutes les entreprises doivent se préparer », prévient Ilan Daian, responsable assurance fraude de l’assureur-crédit à l’origine de l’étude. Pour les dirigeants bretons comme pour les autres, le message vaut d’être entendu avant le prochain faux RIB.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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