Depuis plusieurs mois, la France est confrontée à une pénurie alarmante de quétiapine, un antipsychotique essentiel dans le traitement de la schizophrénie, des troubles bipolaires et de certaines formes de dépression. Cette situation critique met en lumière les failles béantes de notre système de santé et l’incapacité des autorités à anticiper et gérer efficacement les besoins médicaux de la population.
La quétiapine est un médicament vital pour près de 250 000 patients en France. Son absence prolongée expose ces individus à des risques accrus de rechute, d’hospitalisation, voire de comportements suicidaires. Les témoignages affluent, décrivant une détresse profonde face à l’incertitude et à l’angoisse générées par cette carence.
Les professionnels de santé, quant à eux, se retrouvent démunis, contraints de jongler avec des alternatives thérapeutiques souvent moins efficaces ou inadaptées. Certains médecins évoquent une perte de repères cliniques et une surcharge émotionnelle dans le suivi de leurs patients.
Une gestion institutionnelle défaillante
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a reconnu le 10 mars les « fortes tensions d’approvisionnement » concernant la quétiapine, qu’elle attribue à des problèmes de production chez le fabricant. Toutefois, cette explication ne saurait masquer l’absence flagrante de stratégie proactive de la part des pouvoirs publics. Les ruptures de stock de médicaments essentiels se multiplient en France : elles ont augmenté de 80 % en cinq ans, selon plusieurs sources, sans que des mesures concrètes et durables ne soient mises en place pour y remédier.
Cette accumulation de pénuries montre que le problème dépasse largement le cas de la quétiapine et illustre un manque criant de vision stratégique à long terme. Les recommandations émises par l’ANSM (limitation des initiations de traitement, recours à la dispensation à l’unité, recherche d’alternatives) ne suffisent pas à contenir la crise. Dans bien des cas, les alternatives médicamenteuses ne conviennent pas à tous les patients ou provoquent des effets secondaires délétères.
Une souveraineté sanitaire à reconstruire
Cette énième pénurie soulève des questions fondamentales sur la souveraineté sanitaire française. Le cas de la quétiapine montre la vulnérabilité de notre système face à des chaînes d’approvisionnement trop centralisées et trop dépendantes de fournisseurs uniques, parfois implantés à l’étranger.
Même si toutes les productions ne sont pas externalisées, l’absence d’une diversification nationale de la fabrication constitue un risque majeur. Il est impératif de relocaliser une part significative de la production pharmaceutique en France et de constituer des stocks stratégiques suffisants pour prévenir de telles situations. Le gouvernement ne peut continuer à naviguer à vue, alors que les plus fragiles paient le prix de cette désorganisation.
La pénurie de quétiapine n’est pas qu’un simple problème logistique : elle est le symptôme d’un système de santé à la dérive, incapable d’assurer la continuité des soins pour les patients les plus vulnérables. Il est temps de tirer les leçons de ces défaillances répétées et de mettre en œuvre une véritable politique de souveraineté sanitaire, garantissant à chaque Français l’accès aux traitements dont il a besoin. L’inaction actuelle est non seulement irresponsable, mais également indigne d’un pays qui se prétend à la pointe en matière de santé publique.
Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/INeverCry) (photo d’illustration)
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Une réponse à “Santé. La pénurie de quétiapine en France, symptôme d’une gestion défaillante”
En France aujourd’hui il y a en circulation plus de drogue du narcotrafic que de médicaments pour la santé à la pharmacie !