Santé : les Français redoutent les maladies chroniques mais peinent à agir

Les maladies chroniques graves, telles que les cancers, les pathologies cardiovasculaires ou encore le diabète de type 2, suscitent une inquiétude croissante chez les Français. Pourtant, une immense majorité ignore encore qu’il est possible de prévenir jusqu’à 80 % de ces pathologies en modifiant simplement certaines habitudes de vie. C’est ce que révèle une vaste enquête menée par Anticyp, un assistant personnel de santé, auprès de plus de 5 000 personnes à travers l’Hexagone.

Une population inquiète mais désarmée

79 % des Français expriment une crainte de contracter un cancer, et plus globalement, près de six Français sur dix vivent dans l’angoisse d’être atteints d’une maladie chronique grave. Pourtant, seul un Français sur deux estime réellement comprendre les risques liés à ces pathologies.

Dans le détail, les maladies les plus redoutées sont, sans surprise, les cancers (79 %), suivis des pathologies cardiovasculaires (62 %), des maladies respiratoires chroniques (58 %) et des maladies neurologiques comme Alzheimer (57 %). À l’inverse, les troubles musculo-squelettiques (45 %) et les pathologies liées à la santé mentale (48 %) sont les moins perçus comme menaçants.

Une prévention encore largement insuffisante

Malgré une volonté largement exprimée de mieux prendre soin de soi, les comportements préventifs restent très inégalement adoptés. Ainsi, si 68 % des Français affirment ne pas fumer et 57 % éviter les environnements pollués, seulement 22 % disent suivre une alimentation équilibrée, et 21 % affirment gérer leur stress efficacement.

Le suivi médical régulier (44 %), la pratique d’une activité physique (31 %) ou encore la limitation de la consommation d’alcool (17 %) sont loin d’être généralisés. Quant à la qualité du sommeil et à la gestion du stress — pourtant déterminantes — elles sont trop souvent négligées : 44 % des personnes interrogées reconnaissent mal dormir, et 61 % affirment ne rien faire pour limiter leur stress.

L’ignorance d’un potentiel de prévention majeur

L’un des résultats les plus frappants de l’enquête concerne la méconnaissance du rôle préventif du mode de vie : seulement 0,4 % des Français savent que 80 % des facteurs de risque des maladies chroniques peuvent être évités, selon les données de l’OMS et de l’Institut Raphaël. La majorité des répondants sous-estiment considérablement cette proportion, quand ils ne l’ignorent pas complètement.

Pour Marc Salomon, cardiologue et cofondateur d’Anticyp, cette méconnaissance est alarmante : « Près de 40 % des cancers et autant des facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer pourraient être évités en changeant nos habitudes du quotidien. Mais encore faut-il être accompagné pour comprendre et changer. »

Une volonté contrariée par de nombreux freins

78 % des Français se disent prêts à modifier leurs habitudes pour préserver leur santé. Mais ils sont nombreux à évoquer des obstacles : 29 % pointent un manque de moyens financiers ou matériels, 17 % le manque de temps, 15 % le manque de motivation, et 9 % l’absence de connaissances suffisantes.

L’enquête révèle par ailleurs que 86 % des répondants aimeraient pouvoir bénéficier d’un service d’accompagnement pour les aider à mieux anticiper les maladies. Mais là encore, des freins se dressent : le coût (pour 37 %), le temps nécessaire (24 %), ou encore le manque de motivation (18 %).

Perdus dans un océan d’informations

Dans un paysage médiatique saturé, la majorité des Français avoue peiner à s’orienter. 48 % des sondés déclarent se sentir perdus face à la masse d’informations disponibles, tandis que 29 % reconnaissent avoir des difficultés à distinguer les sources fiables. Seulement 23 % se disent capables d’identifier avec certitude les informations de santé crédibles.

Face à ces constats, la nécessité de repenser la prévention et l’information en santé devient urgente.

Selon une estimation du cabinet Astérès, une meilleure hygiène de vie permettrait non seulement de prolonger l’espérance de vie en bonne santé, mais aussi de réaliser 16 milliards d’euros d’économies pour le système de santé.

Dans une société où le système de soins est saturé, et où les maladies chroniques progressent, il ne s’agit plus seulement de soigner, mais d’anticiper. Encore faut-il en avoir les moyens, les connaissances… et le bon outil.

Crédit photo :  DR
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