Monts d’Arrée. Le cri d’alarme du Courlis cendré, sentinelle des landes bretonnes

C’est un retour attendu chaque printemps : celui du Courlis cendré, oiseau emblématique des landes des monts d’Arrée. Mais derrière cette apparition se cache une réalité plus sombre : l’espèce est en danger critique de disparition. Le Parc naturel régional d’Armorique tire la sonnette d’alarme et intensifie ses efforts pour tenter de sauver ce grand limicole au long bec recourbé, dernier témoin d’un écosystème menacé.

Un oiseau familier… mais de plus en plus rare

Le Courlis cendré (Numenius arquata), le plus grand des limicoles d’Europe, revient chaque année nicher dans les landes de l’Arrée après un hivernage sur les côtes de l’Atlantique, du Portugal à la baie de Noirmoutier. Il est reconnaissable à son plumage brun clair, à son envergure imposante (jusqu’à 1 mètre), et surtout à son bec long et recourbé, plus prononcé encore chez la femelle.

Mais l’espèce se raréfie : seuls six couples nicheurs ont été recensés en 2024 dans les monts d’Arrée, contre 90 dans les années 1980. En France, elle est aujourd’hui classée « Vulnérable » sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs, et « Quasi menacée » à l’échelle mondiale. Le déclin est brutal : moins 68 % en France depuis 1980.

Un habitat en sursis

Les causes de ce recul sont bien connues : disparition progressive des landes, prédation accrue, dérangement des nids par les promeneurs et les chiens non tenus en laisse, mais aussi les effets du changement climatique.

Face à ce constat, le Parc naturel régional d’Armorique, soutenu par l’Union européenne, la Région Bretagne et le Département du Finistère, déploie depuis plusieurs années un programme ambitieux : LIFE Landes.

Parmi les actions concrètes menées :

  • Restauration de 300 hectares de landes par gyrobroyage ;
  • Collaboration avec une quarantaine d’agriculteurs pour une gestion durable par pâturage ou fauche tardive ;
  • Suivis scientifiques poussés : baguage, balises GPS, prélèvements biologiques pour mieux comprendre les besoins des oiseaux ;
  • Maîtrise de la fréquentation humaine : fermetures de parkings sauvages, installation de panneaux explicatifs et rappel des règles en zones Natura 2000.

« Silence, ça couve ! » : une campagne pour changer les comportements

Parce que les promeneurs ont un rôle clé dans la protection des nids, le Parc a lancé en 2024 une campagne de sensibilisation intitulée « Silence, ça couve ! », relayée dans les offices de tourisme et auprès des communes. Objectif : rappeler à chacun les bons gestes à adopter en milieu naturel, notamment en période de reproduction (mars-juillet) :

  • Rester sur les sentiers balisés ;
  • Tenir son chien en laisse ;
  • Renoncer au vol de drones ;
  • Reporter la fauche dans les prairies naturelles ;
  • Observer les oiseaux à distance, sans les forcer à fuir.

Les Courlis de retour… mais pour combien de temps ?

Trois Courlis cendrés ont déjà été repérés cette année dans les monts d’Arrée : « Lost Ar Cloz », un mâle bagué arrivé fin février près de Botsorhel ; un individu anonyme à Plounéour-Ménez début mars ; et « Roz Ar Had », observé d’abord sur la rivière du Faou avant de rejoindre son site de nidification à La Feuillée.

Ces retours précoces font figure d’espoir, mais ils ne doivent pas masquer l’urgence. Dans le monde, six espèces de Courlis subsistent, toutes menacées. Deux ont déjà disparu : le Courlis esquimau et le Courlis à bec grêle. Les monts d’Arrée restent l’un des derniers bastions pour le Courlis cendré en Bretagne.

Crédit photo :  Wikipedia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 réponses à “Monts d’Arrée. Le cri d’alarme du Courlis cendré, sentinelle des landes bretonnes”

  1. anonyme dit :

    Pauvres chardonnerets.
    Capturés,enfermés puis vendus pour de l’argent. Tout un symbole.

    .Le chardonneret est au bord du gouffre.
    Ladépêche.fr / 31 mars 2025 / Marc Centene

    .Le chardonneret, symbole de la liberté en Algérie.
    Télérama / 13 août 2023 / Elise Racque

    .Pour les habitants des villes :
    Messiaen et les oiseaux.
    YouTube / 29 juin 2017 /1 :17 /

  2. kaélig dit :

    Force est de reconnaître que dans ma ville moyenne de la Métropole nantaise, les passeraux (mésanges, chardonnerets et même les moineaux qui ont 2 nids à leur disposition) ont disparu de mon jardin, ne subsistent que quelques merles, peut-être un rouge gorge et un ou 2 pigeons égarés.
    Cause très probable de leur disparition, les nombreux chats errants ou pas.

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