La Pologne a récemment adopté une législation autorisant la suspension temporaire du droit d’asile à ses frontières, en particulier avec la Biélorussie. Cette décision, ratifiée le 26 mars 2025 par le président Andrzej Duda, s’inscrit dans un contexte de forte pression migratoire à l’est du pays.
Une immigration orchestrée depuis la Biélorussie ?
Depuis 2021, Varsovie accuse le régime biélorusse d’orchestrer des passages illégaux en masse afin de déstabiliser l’Union européenne. Face à cette instrumentalisation migratoire, le gouvernement polonais entend se doter d’outils juridiques renforcés pour défendre sa souveraineté et assurer la sécurité de son territoire.
La nouvelle loi permet ainsi de suspendre l’examen des demandes d’asile pendant une durée initiale de 60 jours, renouvelable sur décision parlementaire. Cette mesure s’applique uniquement aux migrants ayant franchi illégalement la frontière, principalement dans la zone frontalière avec la Biélorussie. Le texte prévoit néanmoins des exceptions pour les catégories vulnérables telles que les enfants, les femmes enceintes ou les personnes nécessitant une assistance médicale. Selon les autorités, il s’agit d’une réponse proportionnée à une menace hybride alimentée depuis l’étranger, avec des réseaux organisés facilitant les traversées clandestines.
Une mesure controversée mais soutenue par Bruxelles
Cette décision a immédiatement suscité des réactions. Plusieurs ONG pro-migrants, dont Amnesty International, ont dénoncé une atteinte grave au droit d’asile, pourtant garanti par les conventions internationales. Pour ces organisations, la loi contrevient aux principes fondamentaux du droit humanitaire. En revanche, la Commission européenne a reconnu le droit des États membres à prendre des mesures exceptionnelles en cas d’instrumentalisation de l’immigration par des puissances extérieures. Bruxelles avait d’ailleurs déjà validé des dispositifs similaires mis en place par la Lituanie ou la Lettonie dans le même contexte.
La Pologne affirme pour sa part vouloir garantir l’ordre public et la sécurité nationale, tout en respectant les engagements internationaux. Cette ligne de fermeté répond à une large attente de la population, favorable à une politique migratoire rigoureuse. Le débat reste vif, mais cette législation illustre une tendance plus générale en Europe centrale, où plusieurs gouvernements défendent une vision souverainiste de la maîtrise des frontières. La question migratoire s’impose plus que jamais comme un enjeu de sécurité et de stabilité dans la région.
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Une réponse à “Immigration clandestine. La Pologne suspend temporairement le droit d’asile”
Avec la ribambelle de politiciens plus ou moins vereux, c’est pas en France qu’une telle mesure (Intelligente au demeurant) sera prise …
Mais il est vrai que l’on peut toujours rêver…