L’Europe et la transition énergétique : une dépendance inquiétante au travail forcé chinois

Alors que l’Union européenne poursuit son objectif de neutralité carbone, la transition vers les énergies renouvelables soulève une question morale majeure : la dépendance massive aux panneaux solaires chinois, dont la fabrication est entachée par le travail forcé. Malgré les mises en garde, les gouvernements européens semblent peu enclins à remettre en cause cette réalité, au risque de sacrifier leurs principes sur l’autel de la transition énergétique.

Des panneaux solaires fabriqués au prix de l’esclavage moderne

La production de panneaux photovoltaïques repose sur un composant clé : le polysilicium. Or, une grande partie de cette matière première provient de la région du Xinjiang, en Chine, où de nombreuses enquêtes ont mis en lumière l’exploitation forcée des Ouïghours. Selon certaines estimations, jusqu’à 97 % de l’offre mondiale de panneaux solaires contiendrait des composants issus du travail forcé.

Cette situation place l’Europe dans une position inconfortable : alors qu’elle se veut championne des droits de l’homme, elle continue de s’approvisionner en panneaux chinois, malgré ces allégations. Bruxelles, tout comme Londres, reste réticente à imposer des restrictions commerciales sur ces importations, notamment pour préserver l’approvisionnement et éviter d’asphyxier les producteurs européens déjà fragilisés par la concurrence chinoise.

Le Royaume-Uni refuse d’interdire les financements publics pour les panneaux solaires chinois

Le gouvernement britannique a récemment refusé de soutenir une motion parlementaire visant à interdire l’utilisation de fonds publics pour financer des panneaux solaires produits dans des conditions de travail forcé. Cette décision a suscité de vives critiques, notamment de la part du commissaire indépendant à la lutte contre l’esclavage moderne, qui a rappelé l’importance de protéger les droits humains et d’empêcher l’achat de produits issus du travail forcé.

Pourtant, le plan de transition énergétique britannique prévoit l’installation massive de panneaux solaires financés par l’État, avec 180 millions de livres sterling (soit environ 215 millions d’euros) alloués à l’équipement de nombreuses écoles et hôpitaux. Un déploiement qui, selon le ministre de la Transition énergétique, dépendra largement de la production chinoise, le Royaume-Uni n’ayant pas une industrie capable de répondre à cette demande.

Un impact économique et énergétique sous-estimé

Au-delà des considérations éthiques, la transition vers le « zéro émission nette » soulève des interrogations sur sa viabilité économique et énergétique. Un document gouvernemental révélé par The Sun indique que les autorités britanniques sont conscientes des risques de déstabilisation du système financier liés à l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050.

De plus, la transition énergétique semble avoir déjà des répercussions sur les infrastructures. Ainsi, le parti Reform UK de Nigel Farage a récemment dénoncé la fermeture temporaire de l’aéroport de Heathrow, attribuée à la suppression d’un générateur diesel dans le cadre de l’abandon progressif des énergies fossiles.

L’Europe est aujourd’hui face à un choix difficile. La volonté de développer rapidement les énergies renouvelables se heurte aux réalités du marché mondial et aux problématiques éthiques. La dépendance aux panneaux solaires chinois pose un véritable dilemme moral et stratégique : continuer à avancer vers la neutralité carbone tout en fermant les yeux sur l’origine douteuse des matériaux, ou ralentir le rythme en développant une production plus locale et éthique, quitte à augmenter les coûts et délais.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “L’Europe et la transition énergétique : une dépendance inquiétante au travail forcé chinois”

  1. Hadrien Lemur dit :

    La neutralité carbone est une pure invention des pseudos expert du GIEC et qui est en train de mettre à genoux l’industrie et les avancées techniques des pays occidentaux. Pendant ce temps là, les pays qui se foutent complètement de leurs émissions de Co² prospèrent en rigolant. Si dans cent ans nos descendants analysent ce désastre ils diront que nous étions tout simplement des cons.

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