La crise du fentanyl continue de ravager les États-Unis, avec des chiffres alarmants révélés dans le Central Washington Fentanyl Task Force Report. Selon ce document, plus de 110 000 Américains sont morts d’overdose en 2023, dont 75 000 directement liés au fentanyl. Face à cette situation catastrophique, l’administration Trump a lancé une offensive inédite contre les cartels et les réseaux de blanchiment d’argent liés à cette drogue mortelle.
Une crise aux proportions effrayantes
Le fentanyl est aujourd’hui l’un des principaux facteurs de mortalité chez les Américains âgés de 18 à 45 ans. En 2023, les autorités américaines ont saisi 101 493 livres de fentanyl, soit une quantité suffisante pour tuer tous les habitants des États-Unis 66 fois. Le rapport souligne aussi une explosion des saisies de précurseurs chimiques, atteignant 137 500 livres, destinés à la fabrication du fentanyl.
Mais au-delà des chiffres, c’est un véritable fléau qui touche toutes les couches de la population. Des milliers d’adolescents, de travailleurs et de vétérans se retrouvent pris au piège de cette drogue ultrapuissante, souvent mélangée à d’autres substances comme l’héroïne ou la cocaïne, augmentant ainsi les risques d’overdose.
Le rôle central de la Chine dans la crise du fentanyl
Le rapport du Central Washington Fentanyl Task Force met en cause directement la Chine comme source principale des substances nécessaires à la production de fentanyl. 97 % des précurseurs chimiques proviennent de sociétés chinoises, souvent soutenues par le Parti Communiste Chinois. Le document évoque une véritable « guerre chimique » menée par la Chine contre les États-Unis, en inondant le marché de substances létales.
Ces produits sont ensuite acheminés vers le Mexique, où les cartels de Sinaloa et de Jalisco New Generation les transforment en fentanyl pur avant de les faire passer aux États-Unis via la frontière sud. La porosité de cette frontière facilite le trafic, et plus de 90 % du fentanyl intercepté par les douanes américaines l’a été dans des véhicules conduits par des citoyens américains.
L’administration Trump passe à l’offensive
Face à cette catastrophe sanitaire et sécuritaire, Donald Trump a décidé de classer les cartels mexicains comme organisations terroristes. Cette décision a des implications majeures : elle permet aux agences américaines, dont la CIA et l’armée, de traiter ces groupes comme des cibles militaires légitimes. Ainsi, les drones MQ-9 Reaper de la CIA survolent déjà le Mexique pour identifier les laboratoires clandestins et les chefs des cartels.
Washington a également renforcé la pression sur la Chine, imposant des droits de douane supplémentaires de 10 % sur les produits chinois en réponse au trafic de fentanyl. Des mesures similaires ont été annoncées contre le Mexique et le Canada, accusés de ne pas faire assez pour contrer ce fléau.
L’administration Trump a également révélé les liens financiers entre les cartels et certains blanchisseurs chinois. Selon des investigations, l’argent du fentanyl est converti en investissements immobiliers aux États-Unis ou utilisé pour financer des exportations chinoises. Ces pratiques permettent aux cartels de contourner les contrôles bancaires et de faire transiter des centaines de millions de dollars à travers le système financier mondial.
Une guerre inévitable contre les cartels ?
Avec ces nouvelles désignations terroristes, les États-Unis pourraient bientôt déclencher des frappes ciblées contre les cartels, à l’image de ce qui a été fait contre les groupes islamistes au Moyen-Orient. Le missile Hellfire, déjà utilisé par la CIA, pourrait ainsi être employé pour éliminer des barons de la drogue et détruire des laboratoires clandestins.
Mais cette escalade risque de détériorer encore plus les relations entre Washington et Mexico. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a déjà exprimé son opposition à ces désignations, arguant qu’elles pourraient avoir des conséquences économiques et sécuritaires désastreuses sur son pays.
L’administration Trump semble décidée à mener une guerre totale contre les cartels et leurs soutiens financiers. En ciblant à la fois la production, la distribution et le blanchiment d’argent, Washington espère endiguer le fléau du fentanyl. Mais cette offensive soulève de nombreuses questions : jusqu’où les États-Unis sont-ils prêts à aller ? Un conflit ouvert avec le Mexique est-il envisageable ?
Ce qui est certain, c’est que la lutte contre le fentanyl est devenue une priorité absolue pour les États-Unis. Avec plus de 80 000 morts chaque année, le pays ne peut plus se permettre d’attendre. Reste à voir si cette stratégie agressive portera ses fruits ou si elle déclenchera une nouvelle crise diplomatique avec ses voisins et adversaires.
Le fentanyl est désormais une arme de destruction massive, et les États-Unis semblent prêts à tout pour l’éradiquer. Entre pression diplomatique, sanctions économiques et potentielle intervention militaire, la lutte contre les cartels mexicains et les réseaux chinois de blanchiment d’argent ne fait que commencer. Une chose est sûre : l’Amérique ne peut plus se permettre de rester passive face à une crise qui menace directement sa survie. Et si l’Europe dclarait elle aussi la guerre, la vraie, aux cartels et à ceux qui empoisonnent nos enfants au quotidien ?
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