« Bretagne notre avenir » ou plutôt dans sa version longue « Bretagne notre avenir Breizh hon Dazont Bertegn admézë » dans sa version longue est une initiative nationaliste bretonne en vue des futures élections municipales. Nous avons déjà parlé de cette dynamique électorale portée notamment par l’avocate Caroline Glon et le juriste Yvon Ollivier.
Sur internet, les discussions vont bon train pour donner un corpus programmatique minimal à cette initiative. Une première réunion est d’ailleurs programmée à Carhaix le 1er mars prochain.
Hélas, les premières discussions sur internet paraissent bien mal engagées. Des petite capsules vidéos distillées sur les réseaux sociaux laissent la parole à des Bretons, connus ou non dans la sphère nationaliste, pour expliquer leur vision de la Bretagne. Et, à ce jour, les propos sont lénifiants et tournent immanquablement autour des mêmes sujets : la Réunification, les langues de Bretagne, les « paysages », la « diversité », « l’ouverture sur le monde », la « toponymie », etc…
Même chose dans les discussions ouvertes sur la page Facebook de « Bretagne notre avenir » : les « petites thématiques » habituelles du mouvement breton : l’autonomie, la réunification, les langues, l’Etat français ethnocidaire, le logement sont sur-représentées dans une sorte de vision idyllique de la Bretagne, vision pré-Grand Remplacement.
Car dans ces discusssions, il n’y a toujours rien sur l’immigration. Immigration qui reste le thème principal de préoccupation des Français, rien sur le pouvoir d’achat, la désindustrialisation, la perte de souveraineté des peuples européens.
En Allemagne, l’AFD vient de gagner 10 points aux dernières élections mais le mouvement breton reste dans un « monde comme si » rien n’avait changé depuis les années 80 (à part éventuellement la question du logement).
Bien entendu, les municipales à venir verront mis en avant des thèmes essentiellement locaux et municipaux. Mais si des listes nationalistes émergent dans les grandes villes de Bretagne, la question de l’immigration et des logements occupés par les immigrés ne pourra être mis sous le boisseau par les nationalistes breton sous prétexte que ces questions sont trop clivantes et constitueront, de fait, une ligne de fracture au sein d’un mouvement nationaliste gangréné par le gauchisme depuis trop longtemps.
« Bretagne notre avenir » va-t-il tomber dans le ronron mortifère de l’Emsav qui ne comprend pas que ses thématiques habituelles (langue, réunification, autonomie) ne mobilisent QUE lorsqu’elles sont replacées dans un contexte actuel de changement démographique en Europe et de redistribution des pouvoirs entre Paris, Bruxelles et les territoires à forte identité comme la Bretagne ?
Espérons que « Bretagne comme si » ose « rentrer dans le dur » pour apporter une alternative courageuse et bretonne pour des élections municipales qui risquent de tourner autour d’un duel entre le Rassemblement National, seul parti à aborder la question de l’immigration mais avec les biais nationaliste français qu’on lui connait d’un côté et le « reste de l’échiquier politique » qui refuse de voir la réalité de l’autre.
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