Alors qu’Outre-Manche, le cinéma regorge (contrairement à la France) de pépites, il semblerait que la direction du festival du film brittannique de Dinard, visiblement plus préoccupée par un programme et une grille idéologique (et les thématiques dites inclusives qui vont avec) ait un peu coincé pour cette édition 2022.
Il faudra voir pour confirmer, bien entendu, mais sur le papier, au vu de la programmation dévoilée, cela ressemble de loin à l’affiche la moins alléchante de la dernière décennie. Voyez-un peu, ci-dessous.
Au total, une trentaine de film seront ainsi répartis en cinq catégories : Irish eyes in Dinard, Girl power, It’s raining men, Eccentrics and free spirits, Cinema-past, present and future .
Parmi les six candidats en lice pour le Hitchcock d’Or, Emily, film de Frances O’Connor, The Almond and the Seahorse (Ceylin Jones et Tom Stern), Winners, d’Hassan Nazer, All my friends hate me, d’Andrew Gaynord, Pirates, de Reggie Yates, et le film de Jono McLeod, My old school.
Les voici tels qu’ils sont présentés par le festival, avec la bande annonce lorsque disponible.
Winners
Dans une petite ville provinciale iranienne, les enfants travaillent dur pour faire vivre leur famille. Un jour, Yahya, neuf ans, et son amie Leyla trouvent une statuette scintillante dans le désert. Passionné de cinéma, Naser Khan, le patron de Yahya, décide de les aider à retrouver son propriétaire. Une histoire charmante qui démontre le pouvoir du cinéma sur une communauté soudée, dans le monde entier.
The Almond and SeaHorses
Pour Gwen, c’est toujours 1999. Elle ne reconnaît pas le visage qu’elle voit dans le miroir, ni son partenaire, bien qu’ils se réveillent ensemble tous les jours. Le passé de Joe se délite et sa partenaire, Sarah, craint d’être oubliée. Un médecin refuse de les abandonner, déterminé à ne pas les laisser dépérir. Une histoire drôle, poignante et émouvante de deux couples vivant avec une lésion cérébrale et de l’impact de celle-ci sur leurs vies.
Pirates
Le soir du Nouvel An 1999, trois amis, jeunes adultes, s’aventurent dans les rues de Londres, déterminés à terminer l’année en beauté avant que leurs vies ne diffèrent irrémédiablement. Au volant d’une petite Peugeot 205, esquivant les petites amies et les gangs, Cappo, Two Tonne et Kidda sont prêts à tout pour se procurer des billets pour la meilleure fête du millénaire.
Emily
La vie imaginaire d’Emily Brontë. Emily est le voyage initiatique, exaltant et édifiant d’une rebelle et d’une inadaptée vers la maturité féminine. Explorant les relations qui l’ont inspirée – sa relation brute et passionnée avec ses sœurs Charlotte et Anne, son premier amour douloureux et interdit pour Weightman, et l’attention qu’elle porte à son frère Branwell, qu’elle idolâtre, le film dresse le portrait de l’une des écrivaines les plus énigmatiques et provocatrices du monde, disparue trop tôt, à l’âge de 30 ans.
All my friends hate me
C’est l’anniversaire de Pete. Sa bande de copains, rencontrés à la fac, lui organise une fête à la campagne. Néanmoins, Pete est de plus en plus troublé par les blagues et les commentaires sarcastiques de ses amis. Alors que l’atmosphère passe de la gêne à la terreur et au surréalisme, Pete frôle le point de non-retour au cours de ce qui était censé être un joyeux week-end de retrouvailles.
My old school
L’étonnante et véritable histoire de l’imposteur le plus célèbre d’Écosse. 1993 : Brandon, 16 ans, est le petit nouveau de l’école. Très vite, il devient le premier de la classe, réussit ses examens, se fait des amis et décroche même le rôle principal dans la comédie musicale de l’école. Il est l’élève modèle, jusqu’à ce que son secret soit révélé. Grâce à des animations ludiques, une bande-son parfaite et le talent d’Alan Cumming, ce conte surprenant prend vie.
Pas bien passionnant tout ça, sur le papier, on se croirait presque dans un festival de cinéma français…
Hors compétition, on notera tout de même la projection du fim The Quiet girl (Colm Bairéad), long-métrage en langue gaélique dont nous avions évoqué l’énorme succès de l’autre côté de la Manche. Ou celle de Mothering Sunday, avec des têtes connues des amateurs de Dowtown Abbey
Pour le reste, le festival se réjouit de diffuser Boxing Day «La première comédie romantique britannique mettant en scène des acteurs noirs » ou encore In from the Side dont voici le pitch : « Les tensions sont vives dans un club de rugby gay de Londres : l’équipe est à court d’argent et divisée. Lors d’une arrosée, deux joueurs de l’équipe, tout aussi attachés l’un à l’autre, s’engagent sans le savoir dans une liaison adultère. Les deux hommes doivent dissimuler leurs sentiments grandissants en conciliant leurs propres vulnérabilités et les démonstrations de machisme sur le terrain. Ou risquer de détruire le club qu’ils affectionnent ».
La suite n’est qu’une teinte de féminisme, un soupçon de psychodrame, et l’évocation des lubies sociétales du moment. A première vue, on est loin du cinéma social à la Ken Loach, de quelques films historiques dont le festival du film brittannique de Dinard a toujours su nous régaler, ou des films noirs en provenance d’Irlande ou d’Angleterre.
Dinard, festival du film brittannique…ou festival du film bobo ? Réponse du 28 septembre au 2 octobre dans la cité balnéaire.
Crédit photo : DR
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