En février 2025, le prix de l’or a franchi un seuil historique, dépassant 2 940 dollars l’once et marquant une augmentation de 50 % en un an. Cette envolée spectaculaire est attribuée à une combinaison de tensions géopolitiques croissantes, d’incertitudes économiques et de nouvelles politiques protectionnistes mises en place par l’administration américaine. Alors que les banques centrales continuent d’acheter de l’or en masse, certaines ont pris le parti inverse en liquidant une partie de leurs réserves.
Pourquoi l’or flambe-t-il ?
L’or a toujours été une valeur refuge en temps de crise, et 2024-2025 n’échappe pas à la règle. Plusieurs facteurs expliquent cette montée en flèche :
- L’instabilité géopolitique :
- Les tensions entre l’Occident et la Russie, en particulier dans le contexte du conflit en Ukraine, ont poussé plusieurs pays à renforcer leurs réserves en or.
- L’escalade des tensions en Asie, notamment dans le détroit de Taïwan, a également alimenté la demande.
- Les craintes d’une guerre commerciale mondiale :
- Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a imposé de nouveaux droits de douane massifs, en particulier sur les importations chinoises.
- Ces mesures ont accentué la dépréciation du dollar, renforçant ainsi l’attrait de l’or comme alternative aux devises traditionnelles.
- L’inflation et les politiques monétaires :
- Malgré des politiques de resserrement monétaire dans plusieurs pays, l’inflation reste élevée, poussant les investisseurs à se tourner vers les métaux précieux.
- Certains analystes estiment que les taux d’intérêt pourraient baisser en 2025, renforçant ainsi la hausse du cours de l’or.
Les banques centrales accumulent de l’or : qui sont les plus gros acheteurs ?
Face à l’incertitude économique, de nombreuses banques centrales ont augmenté leurs réserves d’or en 2024. Parmi les plus gros acheteurs :
- Pologne : avec 89,5 tonnes d’or achetées en 2024, elle affiche une hausse de 25 % de ses réserves, en réponse aux tensions avec la Russie.
- Turquie : 74,7 tonnes supplémentaires, soit une augmentation de 13,85 %.
- Inde : 72,6 tonnes, ce qui représente 9 % de hausse de ses stocks.
- Chine : malgré un rythme plus lent qu’en 2023, Pékin a ajouté 44,1 tonnes à ses réserves.
D’autres pays comme la République tchèque, l’Irak, la Hongrie, l’Ouzbékistan, le Ghana et le Qatar ont également renforcé leurs stocks d’or. Un cas particulier est celui du Zimbabwe, qui a doublé ses réserves en passant de 1,3 à 2 tonnes d’or, un moyen de se protéger contre l’hyperinflation galopante.
Des banques centrales vendent leur or : une stratégie risquée ?
Si la plupart des pays cherchent à accumuler du métal précieux, certains ont fait le choix inverse et ont vendu une partie de leurs réserves, notamment :
- Philippines : réduction de 29,4 tonnes, une stratégie destinée à assurer la liquidité face aux fluctuations du marché.
- Kazakhstan : vente de 10,18 tonnes, malgré une réserve totale encore conséquente.
- Singapour : diminution de 10,07 tonnes, soit 4,38 % de ses réserves.
- Thaïlande : revente de 9,64 tonnes, malgré des achats massifs en 2021.
- Allemagne : même si elle détient la deuxième plus grande réserve mondiale, elle a vendu 1,12 tonne en 2024, poursuivant une politique de cession annuelle régulière.
Ces ventes sont parfois opportunistes, profitant de la flambée des cours pour générer des liquidités, mais elles peuvent aussi indiquer des difficultés économiques plus profondes.
Classement des plus grandes réserves d’or dans le monde
À la fin de 2024, les États-Unis restent de loin le pays possédant le plus d’or avec 8 133 tonnes, suivis par :
- Allemagne : 3 351 tonnes
- Italie : 2 451 tonnes
- France : 2 436 tonnes
- Russie : 2 332 tonnes
- Chine : 2 279 tonnes
- Suisse : 1 040 tonnes
- Inde : 876 tonnes
- Japon : 846 tonnes
- Pays-Bas : 612 tonnes
- Turquie : 614 tonnes
Fait intéressant, la Suisse est le pays avec le plus d’or par habitant, avec 115 grammes d’or par citoyen, soit près de 37 pièces d’or de 1/10e d’once par personne.
Quel avenir pour l’or ?
Les prévisions des experts restent optimistes. Goldman Sachs et Citigroup anticipent un cours dépassant les 3 000 dollars l’once d’ici fin 2025. Cette tendance haussière repose sur :
- L’instabilité géopolitique persistante
- Les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales
- Une demande croissante des investisseurs et des États
En parallèle, le dollar américain pourrait continuer à s’affaiblir, renforçant ainsi l’intérêt pour l’or en tant que valeur refuge.
L’année 2024 a marqué une nouvelle ère pour l’or, avec des prix atteignant des records historiques et une frénésie d’achats de la part des banques centrales. Si la tendance se poursuit, l’or pourrait devenir un pilier incontournable des stratégies financières des États et des investisseurs individuels.
Alors que certains pays accumulent frénétiquement du métal précieux, d’autres en revendent pour soutenir leur économie. Cette situation inédite pose une question clé : sommes-nous à l’aube d’une nouvelle ère économique dominée par l’or comme actif refuge ultime ? Seul l’avenir nous le dira.
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Une réponse à “L’or atteint des sommets : quelles conséquences pour les investisseurs et les banques centrales ?”
L’or, etait, est, et sera toujours le meilleur refuge économique et monetaire.
Tout le reste ne sont que de vaines palabrotes.